Mes premières réactions quand je lis ce genre d'article sur les actions de groupes "anti-gender" en France déclenchent majoritairement des pouffements de rire, tellement l'argumentaire présenté par ces groupes eux-mêmes est ridicule. Dans cet article, on apprend d'ailleurs que les responsables de ce groupe ont lancé une pétition contre une exposition sans même avoir prit la peine de se déplacer pour voir ce contre quoi ils voulaient protester... bel exemple d'engagement social et politique, et preuve d'honnêteté intellectuelle irréprochable.
Mais une fois les rires finit, vient la colère.
Pourquoi?
Parce que ce genre d'actions, de groupe et de discours barre le chemin au véritable débat national qui doit avoir lieu. Ce genre de bêtise et de riposte automatique qui empêche tout effort de dialogue et d'échanges d'opinions empoisonnent les conversations et les échanges qui pourrait avoir lieu autour du genre.
Le fait est que notre pays a besoin de parler, et de discuter. Ce dont nous n'avons pas besoin, c'est des groupes comme celui-ci qui mobilise 13 000 personnes pour signer une pétition contre une expo qu'ils n'ont même pas vu et qui encourage vos filles et vos garçons à avoir confiance en eux et croire en leur rêve. Nous avons besoin de comprendre pourquoi en France aujourd'hui, un homme qui vit avec un homme gagne 6% de moins qu'on homme vivant avec une femme. Et pourquoi des jeunes garçons et filles prennent leur vie de peur d'annoncer à leur famille qu'ils sont homosexuels. Pourquoi nos concitoyens handicapés ne sont-ils pas massivement intégrés à la population active et employée. Pourquoi nos jeunes filles ne se sentent pas soutenues pour faire des choix de carrières traditionnellement réservées aux hommes. Tout ceci, nous devons en discuter.
Et oui, nous vivons dans une démocratie où, tout au long de cette discussion, les différentes opinions pourront débattre, et où l'hémicycle représentatif tranchera. Tel est la définition même de la démocratie.
Mais appeler à la censure d'expositions culturelles et artistiques, empêcher deux personnes de se marier malgré leur droit légal de se faire, et j'en passe, ne s'apparente pas à un dialogue démocratique et intelligent. Les pays où ces méthodes sont institutionnalisées s'appellent l'Iran, l'Arabie Saoudite ou la Russie.
L'expo à Bordeaux appelait les enfants à s'accepter et à ne pas se mettre des limites. Le fait qu'une partie même minime de la population française y trouve un problème est la première étape à discuter dans le grand dialogue national qui doit avoir lieu.
Petit blog de suivi de l'info et actu Genre en France et dans le monde... pour contribuer un petit peu à la prise de conscience des problématiques et inégalités genre qui sont partout!
Thursday, April 10, 2014
Les discriminations se portent bien en France
... on le savait, mais l'inertie des politiques publiques et des décideurs politiques devient insupportable. Gagner moins parce que l'on est homosexuel, une femme, ou tout simplement pas blanc, c'est tout simplement inadmissible. A quand des sanctions financières et juridiques contre les employeurs qui ne pratiquent pas l'égalité des salaires pour postes équivalents?
Encore beaucoup de travail...
Encore beaucoup de travail...
L'«homme blanc hétérosexuel» toujours privilégié en France
Thursday, April 3, 2014
les villes par et pour les hommes
Article fascinant sur l'intégration des inégalités genre dans l'urbanisme et l'architecture, et sur les réponses concrètes que les municipalités ont à leur disposition, dont la budgétisation sensible au Genre. J'ai pu faire de la BSG au Cameroun, où certes le contexte est différent, mais où le processus reste le même: faire apparaître dans la répartition des ressources la "voix" des femmes et lier besoin aux ressources existantes.
En lisant cet article, j'ai pris le temps de penser à comment moi j'avais vécu cette ville, en tant que femme. Et il est vrai que le fait "d'être en public" ne protège pas, où ne résout pas les questions de vulnérabilités. Ceci est surtout vrai la nuit, et surtout vrai dans les transports en commun. Et non, la réponse n'est pas des bus réservés aux femmes (en tout cas pas en France, même si dans certaines zones ultra-violente d'Amérique Latine par exemple, c'est une excellente idée), mais des mesures d'urbanisme qui prennent en compte les préoccupations non seulement des femmes, mais de tout groupe qui est exclut du processus de planification des villes. En France en 2014, il est encore très difficile de prendre le métro en chaise roulante, d'accéder à des bâtiments publiques et d'utiliser des toilettes publics.
Des chercheurs du CNRS qui s'intéressent aux problématiques genre, c'est déjà en soi une grande avancée!
Une ville faite pour les garçons
21.03.2014, par Yves Raibaud
https://lejournal.cnrs.fr/billets/une-ville-faite-pour-les-garcons
En lisant cet article, j'ai pris le temps de penser à comment moi j'avais vécu cette ville, en tant que femme. Et il est vrai que le fait "d'être en public" ne protège pas, où ne résout pas les questions de vulnérabilités. Ceci est surtout vrai la nuit, et surtout vrai dans les transports en commun. Et non, la réponse n'est pas des bus réservés aux femmes (en tout cas pas en France, même si dans certaines zones ultra-violente d'Amérique Latine par exemple, c'est une excellente idée), mais des mesures d'urbanisme qui prennent en compte les préoccupations non seulement des femmes, mais de tout groupe qui est exclut du processus de planification des villes. En France en 2014, il est encore très difficile de prendre le métro en chaise roulante, d'accéder à des bâtiments publiques et d'utiliser des toilettes publics.
Des chercheurs du CNRS qui s'intéressent aux problématiques genre, c'est déjà en soi une grande avancée!
Une ville faite pour les garçons
21.03.2014, par Yves Raibaud
https://lejournal.cnrs.fr/billets/une-ville-faite-pour-les-garcons
Sunday, March 30, 2014
Adieu Rémi Gaillard...
Aaah Rémi.
Tu me manques déjà.
J'en ai passé des heures à regarder tes vidéos... à l'université d'abord, avec mes copains et mes coups d'un soir... Qu'est-ce qu'on a rigolé. Tu nous faisais rêver, tu nous rappelais qu'il fallait rire de la vie pour se sentir en vie. Que rien n'est très sérieux si c'est suivi d'une blague.
Parmi mes vidéos préférées, celle des ascenseurs... tu nous a inspiré pour faire des sorties "Sliders" de l'ascenseur de Science Po... Tu nous as donné des envies un peu folles, et inspiré nos plus belles aventures nocturnes. Bref, un des nôtres, Rémi.
Plus maintenant.
Maintenant, tu es juste un de ces milliers d'anonymes qui ne comprennent pas que la banalisation des violences sexuelles est en soi une violence faite à des millions de femmes, et surtout à celles qui en ont été directement victimes (et ça en fait un paquet).
Tu veux du Free Sex Rémi? Tu fais juste partie de ces milliers de mecs qui pensent que des rapports gratuits et "consentis" leur sont du, qu'ils ont le droit de, et qu'il n'y a rien de grave là-dedans. Maintenant, grâce à toi, ils peuvent aussi en rire.
Mon cher Rémi, dois-je vraiment te rappeler qu'une femme sur 10 de moins de 20 ans déclare avoir subi des attouchements au cours de sa vie et près d'une sur 10 des conversations à caractère pornographique ou des tentatives de rapport forcé (Source HCE/fh)? Que 11% seulement des victimes de viols en France portent plainte? Certaines surement pas peur de se faire rire à la gueule... parce que comme tu l'as écrit en réponse aux critiques de ta vidéo, ceux qui ne savent pas rire de ça sont des "prudes" ou des "cons".
Sans vouloir être vulgaire Rémi, tu n'as jamais senti la bite dure d'un inconnu se coller à toi dans le métro. Tu n'as jamais du non plus sentir des doigts soulever ta jupe lors d'une soirée en boîte. Tu n'as jamais non plus du vivre l'agression d'un inconnu qui t'attrape tes seins "juste pour rire". Parce que rire de la disponibilité publique du corps de la femme, c'est rire de son abus.
Tu veux du Free Sex Rémi? T'as de la chance, notre société en est pleine à craquer. Des hommes qui prennent ce qui n'est pas à eux, des hommes qui ne comprennent pas que des ptites fesses bien cambrées ne peuvent automatiquement s'embraser à leur touché. Du Free Sex, t'en as plein autour de toi Rémi. Le problème, c'est que justement, ça fait pas rire celles qui en sont victimes. Ca a plutôt le don de les envoyer direct dans le dégout, la douleur, la dépression, la peur, l'angoisse, la colère, et la souffrance.
On peut rire de tout Rémi?
Peut-être dans ton monde à toi.
Moi en tout cas tu ne me fais plus rire du tout.
Adieu Rémi (mais t'inquiète pas, dans ton monde, une de perdue dix de retrouvée).
ps: Attention, cette vidéo peux provoquer des envies de vomissements intense, un dégout ulcéré de son auteur et une volonté profonde de prendre sa carte au Femen...
http://www.nimportequi.com/en/video_freesex.html
Tu me manques déjà.
J'en ai passé des heures à regarder tes vidéos... à l'université d'abord, avec mes copains et mes coups d'un soir... Qu'est-ce qu'on a rigolé. Tu nous faisais rêver, tu nous rappelais qu'il fallait rire de la vie pour se sentir en vie. Que rien n'est très sérieux si c'est suivi d'une blague.
Parmi mes vidéos préférées, celle des ascenseurs... tu nous a inspiré pour faire des sorties "Sliders" de l'ascenseur de Science Po... Tu nous as donné des envies un peu folles, et inspiré nos plus belles aventures nocturnes. Bref, un des nôtres, Rémi.
Plus maintenant.
Maintenant, tu es juste un de ces milliers d'anonymes qui ne comprennent pas que la banalisation des violences sexuelles est en soi une violence faite à des millions de femmes, et surtout à celles qui en ont été directement victimes (et ça en fait un paquet).
Tu veux du Free Sex Rémi? Tu fais juste partie de ces milliers de mecs qui pensent que des rapports gratuits et "consentis" leur sont du, qu'ils ont le droit de, et qu'il n'y a rien de grave là-dedans. Maintenant, grâce à toi, ils peuvent aussi en rire.
Mon cher Rémi, dois-je vraiment te rappeler qu'une femme sur 10 de moins de 20 ans déclare avoir subi des attouchements au cours de sa vie et près d'une sur 10 des conversations à caractère pornographique ou des tentatives de rapport forcé (Source HCE/fh)? Que 11% seulement des victimes de viols en France portent plainte? Certaines surement pas peur de se faire rire à la gueule... parce que comme tu l'as écrit en réponse aux critiques de ta vidéo, ceux qui ne savent pas rire de ça sont des "prudes" ou des "cons".
Sans vouloir être vulgaire Rémi, tu n'as jamais senti la bite dure d'un inconnu se coller à toi dans le métro. Tu n'as jamais du non plus sentir des doigts soulever ta jupe lors d'une soirée en boîte. Tu n'as jamais non plus du vivre l'agression d'un inconnu qui t'attrape tes seins "juste pour rire". Parce que rire de la disponibilité publique du corps de la femme, c'est rire de son abus.
Tu veux du Free Sex Rémi? T'as de la chance, notre société en est pleine à craquer. Des hommes qui prennent ce qui n'est pas à eux, des hommes qui ne comprennent pas que des ptites fesses bien cambrées ne peuvent automatiquement s'embraser à leur touché. Du Free Sex, t'en as plein autour de toi Rémi. Le problème, c'est que justement, ça fait pas rire celles qui en sont victimes. Ca a plutôt le don de les envoyer direct dans le dégout, la douleur, la dépression, la peur, l'angoisse, la colère, et la souffrance.
On peut rire de tout Rémi?
Peut-être dans ton monde à toi.
Moi en tout cas tu ne me fais plus rire du tout.
Adieu Rémi (mais t'inquiète pas, dans ton monde, une de perdue dix de retrouvée).
ps: Attention, cette vidéo peux provoquer des envies de vomissements intense, un dégout ulcéré de son auteur et une volonté profonde de prendre sa carte au Femen...
http://www.nimportequi.com/en/video_freesex.html
Tuesday, March 25, 2014
Le genre dans le monde du travail...
Très intéressant article sur les inégalités hommes/femmes dans le monde du travail, et plus particulièrement par rapport aux accidents du travail. Ceux-ci sont en baisse, sauf pour les femmes. Au contraire, on remarque une progression exponentielle des maladies professionnelles chez les femmes et une augmentation des accidents du travail. Les raisons? "Une sous-évaluation de l'exposition aux risques et pénibilités des femmes dans certains de leurs emplois, métiers ou secteurs qui est plus marquée que pour les hommes" et "l'invisibilité des risques pour certains emplois ou secteurs à prédominance féminine".
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/03/25/les-accidents-du-travail-en-baisse-sauf-pour-les-femmes_4389286_4355770.html
L'Anact (Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail): enfin une agence française qui se met au Genre!.
Monday, March 24, 2014
Everyday Sexism
Echoing my previous post, is this link to the Everyday Sexism project.
What's great with this project is that it simply puts out there the actual acts of sexism that occur every day in this country. Reading it just gives you a pretty clear idea of what people (I dare not write only women) are dealing with out there. And it's not just a question of that crazy guy or that stupid bastard.. it is attitudes & beliefs that are deeply embedded in pretty much everything we do.
http://usa.everydaysexism.com/
What's great with this project is that it simply puts out there the actual acts of sexism that occur every day in this country. Reading it just gives you a pretty clear idea of what people (I dare not write only women) are dealing with out there. And it's not just a question of that crazy guy or that stupid bastard.. it is attitudes & beliefs that are deeply embedded in pretty much everything we do.
http://usa.everydaysexism.com/
Saturday, March 22, 2014
Et si c'était l'inverse pour une seule journée?
Ce film est fort, très fort.
OPPRESSED MAJORITY (Majorité Opprimée English),
by Eleonor Pourriat
Le plus fort c'est que je connais déjà la réaction de beaucoup d'hommes qui le visualiseront: "oui mais bon faut pas exagérer quand même, c'est rare..."... "c'est quand même pas tout les jours, faut pas mentir non plus"...
Pas tout les jours, non. Tout le temps, oui.
Moi, mes perles, je ne les oublierais jamais.
Annecy, 17 ans: "Ta clope pétasse tu peux te la foutre dans la chatte bien profond jusqu'à ce que ça te brule et que tu crèves". (un grand moment de poésie).
Lyon, 20 ans: Un homme me suit pendant au moins une heure, j'ai besoin d'apeller un copain pour me ramener chez moi. On l'a revu à plusieurs reprises, une fois il faisait la même chose à une fille, avec Zoé on a fait semblant de la connaitre et on l'a sortie de cette situation de merde.
Nottingham, 22 ans: "Bend over baby", avec bien sur en prime l'imitation d'un acte sexuel par derrière (littéralement à 2 centimètres de moi). J'avais fait tombé mes clés.
Aceh, 23 ans: 3 accidents de moto en 2 ans à cause de mecs qui s'approchaient de moi et m'attrapait les seins.
Cameroon, 26 ans (et franchement là-bas, la liste est longue): Un chauffeur de taxi à moi, seule passagère à l'arrière : "non mais reconnait que moi, en tant qu'homme, si je te touchais là maintenant, toi, en tant que femme, c'est sûre que ça te plairait".
La liste est longue, très très longue. Et bien entendu, je suis certainement très chanceuse d'être en bas de la liste en terme de gravité.
Mais voilà, voilà tout simplement.
Le pire c'est qu'il y a tellement de gens - d'hommes- qui n'ont pas encore compris que le féminisme ne demande pas la société qui est montrée dans ce film. Tellement de gens- d'hommes- qui n'ont pas compris que ce n'est pas parce que tu donnes plus de droit et de respect à certains que d'autres en perdent. Et que l'égalité, la vraie, ne passera que par la prise de conscience de ce que les femmes vivent vraiment.
Pas tout les jours, non.
Tout le temps, oui.
Subscribe to:
Posts (Atom)